Grados

onomastique: Grados                                                                                        retour : onomastique -menu
GRADOS

Grados (Lorraine), .sobriquet c.à.d. gras dos, c.à.d. qui a de l’embonpoint,
[en fr.(cf.dict.Trévoux 1721) désigne le poisson cyprin, noté aussi gradeau et réputé gourmand, friand de bons morceaux ]. Telle est la définition donnée dans le dictionnaire Morlet.

Cette définition est évidemment plausible , toutefois elle appelle une certaine réserve. Quelle prononciation ? la terminaison [-os] est troublante, car elle est rare. Certes, il ne faudrait pas aller chercher dans ce patronyme une quelconque origine ibérique ! pas plus que le /-land/ de Rioland ne lui octroie une origine anglo-saxonne ! Mais le phonème [o] est généralement graphié: /au/ /eau/ / aud/ /aut/ /ot/; on peut penser que ce [-os] était prononcé [oss] et nous n’avons plus la composition gras-dos mais gras d’os !

Pour expliquer la gourmandise, la définition rapproche le patronyme d’un poisson, le gradeau, particulièrement vorace. Le gradeau existe bien et pas seulement dans le Trévoux du XVIIIème siècle, c’est une variété de l’éperlan qui vit dans les eaux chaudes « des mers du Sud ». Ce nom aurait-il été donné, au Moyen Age, à un poisson de rivières, et de rivières froides comme elles le sont en Lorraine ? C’est possible mais une recherche dans les textes littéraires de l’époque, ou dans le patois, serait nécessaire pour obtenir confirmation. Nous ignorons si cette recherche a été faite.

Quant à l’image évoquée, elle n’est pas plus évidente: si l’embonpoint des poissons peut se mesurer aux filets situés de chaque côté de l’épine dorsale, l’embonpoint des humains s’apprécie en principe à la … face antérieure ! et non à la colonne vertébrale ! Si nous partons de l’expression gras d’os, nous parvenons tout pareil à un sobriquet, né de l’antonymie gras/os, en fait de graisse cette personne n’aurait que des os, à rapprocher de l’expression  » on n’y voit que les os et la peau « . Grados désignerait donc, non pas une personne vorace et grasse, mais une personne étique, particulièrement maigre pour trancher sur le commun des mortels !

Ainsi, selon la perception que nous avons du patronyme :  gras-dos ou gras – d’os
nous parvenons à deux définitions totalement opposées.

Qu’en pensent les GRADOS  ?

Il ne faut jamais perdre de vue que les patronymes se sont transmis oralement, que les graphies sont restées longtemps instables et que « l’otho-graphie » est récente.  Il serait nécessaire de posséder un corpus de graphies – les plus anciennes possibles – pour déterminer avec plus de précision la prononciation qui était celle de nos ancêtres :  [ grado ] ou [ gradoss ] ?