l’anthroponymie en Bas-Berry au XVème s.

 

 

L’ Anthroponymie   au XVème siècle   en Bas-Berry
Le système anthroponymique n’offrant pas de différences notables entre les trois sites étudiés: Chabris, Diors, Rouvres – nous donnons ici, à titre d’exemple, celui de Diors.
système anthroponymique à un seul nom 
H F
nb % nb % observations
25 4
patronyme=surnom ex: Grelet 21 4 3 surnoms féminins sont précédés de l’article à valeur dépréciative
ex : la Caspine
patronyme=nom de baptême,ex Colin 4
système anthroponymique à deux noms 
surnom 116 3
               = nom propre 34 29,3 1 ex: Bertrand-Bernard
les surnoms sont féminisés : Moreau>Morelle
                = locatif 28 24,1 un lieu-dit : Beauvois -de la Borne
une province : Limousin
                = un métier, une fonction 21 18,1 1 Bouteiller – Barbier
Souchière <fém. de  Souchier = sabotier
                = un sobriquet, non dépréciatif 12 10,3 Beaudoux – Vaillant
                =             »         dépréciatif   10 8,6 Alapie – Gorrichon – Pelé
                = de graphie douteuse 11 9,4 Bouttalonne
système anthroponymique  complexe
36 15
une possession(seigneuriale) 17 5 ex: Pierre de Graçay – Perronelle de  Grosboit
nom + surnom +locatif 4 ex: Martin Guilloton de la Guillon
nom + lien + filiation 3 ex: Estiennette fille de feu Jean Vaillant
titre + lien +  locatif 5 6 ex: l’Abbé d’Aiguevives – les hoirs de Reteux –
la Dame d’Augeray
nom + lien + filiation 3 ex: le Rousseau de Montvriers
deux identités 7 1 Ex : Dame belle asses de Sully
Etienne Daluet alias de Jau
Etienne guilloton dit thévenin
– le système à deux noms semble acquis. Les hommes sont tous désignés par un nom + un surnom, et c’est le surnom qui prévaut quand un seul élément est employé;

– un attribut filiatif (l’aîné / le jeune) peut compléter la dénomination: les 13 occurrences concernent des Jean;

– un surnom locatif ne peut prêter à confusion, les dénominations des nobles et des bourgeois étant précédées d’un titre: le sgr. du Mesny, Monseigneur de Sauveterre, le commandeur de l’Ormethiau, l’abbé d’Olivet, messire Eustache de la Tour, etc. mais Bernard de Meignac, Jean de Cungy, Hélion des Ages,etc. sont des roturiers;

– une personne implantée depuis peu dans la paroisse conserve la dénomination de son lieu d’origine : Jean Bonnet de Fontenay, Jean Girault de Selle.

 Enfin, il faut souligner que le stock des surnoms est particulièrement riche et que les homonymies (en dehors des filiations) sont pratiquement inexistantes.

Nous pouvons conclure qu’au début du XVème siècle, dans cette partie du Bas-Berry comprise entre Châteauroux et Chabris,  le système de dénomination à deux noms est bien ancré. Sous l’effet de la christianisation le stock des noms s’est considérablement réduit: Jean représente à lui seul 30% des baptisés à Diors et 64% à Chabris, si l’on ajoute Pierre, Etienne et Guillaume, il suffit de ces 4 noms pour désigner respectivement, 60 et 85 % de la population masculine. En d’autres termes, le nom qui aurait dû être « propre » à chaque individu devient « commun » et ne joue plus son rôle de différenciation. A l’inverse, le stock des « surnoms » est très riche, il bénéficie d’une grande variété et possède l’avantage d’apporter sur la personne un éclairage particulier, véritable « signe distinctif » (origine, profession, caractère,etc.) qui la caractérise. Le surnom devient un nom patronymique à valeur sociale, et le nom proprement dit tout en conservant sa place devient un simple pré-nom à usage interne familial et affectif.
     retour onomastique              terrier de Diors             terrier de Chabris                terrier de Rouvres