Isaac BARTET

Portraits d’hier …. et d’aujourd’hui
Isaac   Bartet
Fils de petit boutiquier Palois, Isaac Bartet traversa le Siècle de Louis XIV, il aura connu la Bastille, les risques (courrier de Mazarin, pendant la Fronde), les honneurs aussi: 1er secrétaire de Louis XIV il multiplia les ambassades, la haine d’une certaine noblesse, la prison à Saumur, la richesse, Marquis de Mézières en Brenne où il rénova les forges de Corbançon et développa la pisciculture dans les étangs… jamais biographie n’a été aussi malmenée. Nous avons tenté de remettre les faits en ordre dans un livret de 147 pages, illustré. Un certain nombre d’exemplaires ont été récupérés en dépôt et peuvent être commandés chez l’auteur (12€, port compris) par courriel : crioland37@gmail.com
d’azur à trois petits poissons barbeaux,
d’argent, rangés en barre
reconstitution de notre cousin
Alain Fougerouze
Les BIOGRAPHIES  MENSONGERES
SAINT-SIMON Mémoires, 1707
« En même temps mourut BARTET à 105 ans, sans avoir jamais été marié. C’étoit un homme de peu, qui avoit de l’esprit, de l’ardeur et beaucoup d’audace, et qui avoit été fort dans le grand monde, et longtemps eu  beaucoup d’intrigues et de manéges avec le cardinal Mazarin, qui l’avoit fait secrétaire du cabinet du roi, dont il étoit fort connu et de la reine mère. Il avoit été fort gasté comme le sont ces sortes de gens qui peuvent beaucoup servir et nuire. Il en étoit devenu fort insolent et s’étoit rendu redoutable ».
Saint-Simon n’a pas connu Bartet, il rapporte ce qu’il a entendu dire à la Cour, où Bartet, robin, était destesté au même titre que Mazarin, dont il était l’éminence grise. Bartet n’a pas vécu 105 ansIl a été marié 2 fois : la première fois à une Béarnaise, son mariage a été cassé par le Pape, la seconde fois à Marie Riolan de la famille des médecins parisiens, dont il eut 2 filles, Anne-Marie et Catherine, mariées à des nobles, de Lendresse et  Bridieu du Claveau, qui ont fait souche, l’une en Béarn, l’autre en Touraine, où les descendants sont toujours présents. Richissime, Bartet avait acquis de la Grande Mademoiselle, pour 180 000 livres,  le marquisat de Mézières-en-Brenne. Veuf et ses filles mariées, il vendit son marquisat et alla rejoindre son amie, veuve du duc de Villeroi, maréchal de France, la duchesse de Neuville,  Neuville où il mourut, capitaine du lieu-dit, (passé implicitement de la noblesse robine à la noblesse d’épée. L’un de ses petits-fils sera page de la reine).                                                                                                                                                                          TALLEMAND de REAUX Historiettes, 1657  «  Bartet était un paysan gascon que son esprit et la faveur de Mazarin avaient mis en grand crédit. » L’auteur ajoute un peu plus loin que « son père, originaire du Béarn, était simple paysan dans un village voisin de Pau, qu’il vint à Paris,  s’y maria, puis s’en retourna dans son pays, se fit petit mercier dans la ville de Pau où il s’enrichit assez vite. » Tallemand a connu Bartet et raconte dans une autre Historiette comment, en visite chez Rossignol , Boisrobert se mit à critiquer vertement le Prince Casimir, en présence de Bartet, encore inconnu à cette époque, alors qu’il venait précisément d’être introduit à la Cour comme résident de ce Prince, roi de Pologne ! Il y a toutefois, dans cette anecdote, un ton méprisant. M.PREVOST, auteur de l’article BARTET dans le Dictionnaire de Biographie française, P.Letouzey, 1951, reprend en partie ces assertions erronées, y compris celles, tout aussi méprisantes, des autres mémorialistes du XVIIème s.( (Conrart, Mme de Sévigné …) ; il entretient ainsi la confusion dans un ouvrage didactique qui aurait dû faire foi.
FAMILLE
Contrairement à ce qu’affirme Tallemand, Isaac Bartet n’était pas un « paysan », il appartenait à la bourgeoisie paloise. Sa famille paternelle était originaire de Gan au sud de Pau (cf. généalogie d’Isaac Bartet) , sa famille maternelle serait originaire d’Arbus ou Isaac a été baptisé, et donc probablement né: en effet, il était courant qu’une parturiente, sur le point d’accoucher, se réfugie chez sa mère, où elle se trouvait en sécurité, d’autant plus quand c’était le premier enfant. Les parents Bartet, après le mariage, s’étaient installés à Pau où ils avaient ouvert un commerce de mercerie. Isaac fit ses études au collège de Pau, tenu par des jésuites, à la suite il entreprit  des études de Droit et devint avocat. Ses premières plaidoiries furent d’ailleurs qualifiées de brillantes. François, le père, assuma la trésorerie de l’hôpital, fut jurat de la ville et député au Parlement béarnais. Au mariage de son fils; il est qualifié de « noble homme François du Bartet, sieur de Lusson, domicilié en la ville de Pau en Béarn ».
Isaac, l’aîné eut deux frères: Jean, le cadet,  chanoine de Lescar et abbé de l’abbaye bénédictine de Saint-Pé. Le puiné, Arnaud, prendra la succession paternelle « en bon bourgeois de Pau »
 ROME
 L’entrée dans la vie professionnelle fut scabreuse. Pour avoir séduit la femme de chambre d’un Conseiller au Parlement, un certain Cazaux, il fut condamné à épouser « l’offensée » pour laver l’affront. Ce n’était certes pas là l’avenir de l’ambitieux Isaac, pour qui – et les comportements n’ont guère varié, de Bartet à aujourd’hui, en passant par Rastignac ! – il n’est d’ambition réussie qu’à… Paris, plus exactement au XVIIème siècle, à la Cour. La route de Paris passa par Rome, plus exactement par le Vatican où l’avait envoyé, avec fortes recommandations, le préfet jésuite du collège de Pau, afin de faire annuler ce mariage sous la contrainte.  Ce premier pas accompli, il se mit au servicedu duc de Bouillon qui, à l’époque, commandait les armées papales. Lequel duc le met en relation avec un Jésuite, le Prince suédois Casimir  Wasa. Lequel prince a un frère aîné, Ladislas…roi de Pologne ! Ladislas meurt. Casimir Wasa, le jésuite cardinal est relevé de ses voeux, il monte sur le trône polonais et épouse la veuve qui n’est autre que Marie-Louise de Gonzague, fille du duc de Nevers et de Catherine de Lorraine. La plus pure noblesse française dont la soeur, dite la Palatine (mais c’est une longue histoire) est la confidente de la reine,  Anne d’Autriche. Pour l’heure, Casimir est pressé de gagner son trône en Pologne, il lui faut un homme de confiance, sans hésiter il choisit ce béarnais recommandé par Bouillon : Isaac Bartet est nommé  « résident du roi de Pologne à la Cour de France », ce qui équivalait à une fonction d’ambassadeur. Muni de sa lettre de créance, Isaac s’empresse de gagner la Cour de France. « Tous les chemins mènent à Rome » dit l’adage, et de Rome à … Paris.
 MAZARIN
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