Une condamnation à mort en 1695

une condamnation à mort en 1695
de notre cousine et correspondante : Renée Lesaulnier-Brinet

A Blois s’est ouvert le procès de Louis Seigneur accusé d’avoir assassiné à Villentrois un certain Louis Barbier – notre ancêtre.  Nous ignorons les causes et les circonstances de cet assassinat, nous savons seulement que ledit Louis Seigneur a été arrêté le 21 avril 1695 – probablement sur dénonciation puisque des témoins à charge ont été cités à la barre. L’acte qui nous est parvenu est celui de la sentence. Le procureur du Roy énumère dans le document les nombreuses pièces jointes au dossier: procès-verbaux, interrogatoires, assignations, rapport du chirurgien qui a autopsié ( visité   dit le texte ! ) le cadavre de ce malheureux Barbier, sentence de recollement et confrontation, interrogatoire

 »   subi par ledit accusé en la chambre du conseil du siège présidial de Blois, étant au bout du bureau assis sur la sellette « 

en date du 9 juillet, et autres pièces diverses.
Et la sentence tombe…..

  »   convaincu du meurtre et assassinat prémédité par lui, commis sur le grand chemin avec un fusil en la personne dudit Barbier ( barbié  ) et de l’avoir ensuite volé, pour réparation de quoi et d’autres vols par lui faits, mentionnés au procès l’avons condamné d’avoir les bras, jambes brisés et reins rompus, vif, sur un échafaud qui pour cet effet sera dressé dans la place publique de Bourgneuf* et mis ensuite sur une roue, la face tournée vers le ciel pour y rester tant qu’il plaira à dieu lui conserver la vie. Ce fait, son corps mort [sera] porté par l’exécuteur de la haute justice aux fourches patibulaires**.

* la commune de Bourgneuf a été depuis rattaché à Vicq-sur Nahon.
** les fourches patibulaires = le gibet, où l’on exposait les morts, par opposition à la potence qui servait à la pendaison 


Bien entendu , ses biens seront confisqués après que les frais de justice aient été prélevés, mais une autre épreuve attendait le coupable avant le supplice de la roue, c’est celui de la  question ! :
ledit Louis Seigneur préalablement appliqué à la question ordinaire pour avoir révélation de ses complices dont procès verbal sera dressé par le conseiller rapporteur en présence de Louis Texier, aussi conseiller, que nous avons commis pour cet effet….. »
( suivent deux noms de présumés coupables, dont nous n’avons pas saisi avec certitude la graphie;  ils  » seront saisis au corps, vif, et constitués prisonniers pour être « ouys et interrogés » sur lesdites charges » .  Un troisième complice (?) [ Boiscloup ? ] sera ajourné à comparaître en personne pour répondre sur lesdites charges » )

                                                                     … du 9 juillet 1695

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