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la Mondialisation

 

 

          A la question: quel est en Europe l'héritage du néolithique ? Jean Guilaine, professeur au Collège de France (cf.op.cit.), répond  " Rien, tout...
         Rien dans la mesure où 3 ou 4 millénaires d'histoire ont totalement modifié notre environnement, notre cadre de vie, nos façons de penser et d'être...
          Tout, si l'on veut bien détecter, sous le poids des évolutions techniques et culturelles, sans cesse enrichies et renouvelées, et des avatars de l'histoire, le substrat, le fondement de nos comportements, certains acquis matériels et alimentaires, au fond quelques-unes des racines de ce que nous sommes devenus."
 

           Nous y ajoutons les remarques suivantes: dans l'Histoire universelle,  deux périodes essentielles  se sont succédé, nous vivons la troisième et nous pouvons prévoir la suivante, en tenant compte de l'accélération de ces mutations successives.

          La première période est l' "Homonisation", elle aura duré 3 millions d'années, elle correspond au paléolithique, nous l'avons évoquée rapidement, la connaissance que nous en avons est encore balbutiante. Néanderthal (mieux connu) en est le dernier stade.
          La seconde période est la "Néolithisation ou Sédentarisation" commencée il y a 10 000 ans au Moyen-Orient mais parvenue plus tardivement dans notre pays (environ -3 000, - 2 000). Elle correspond à une civilisation agricole, artisanale et patriarcale. Cette étape se termine avec le XXème siècle
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          La troisième période est la "Mondialisation". Elle prend ses racines au XVIème siècle avec les grandes découvertes et son essor au XXIème siècle. La mondialisation n'est autre que le nivellement de toutes les cultures en une même civilisation mondiale (politique, économique, sociale, culturelle). Mais déjà commence à poindre une nouvelle période: la Cosmonisation.

 

        Ces périodes se succèdent à un rythme de plus en plus rapide. Prenons par exemple la sédentarisation; elle peut paraître à certains comme temporellement démentielle; il n'en est rien.  Prenons précisément le village de Poulaines, qui est notre atelier de réflexion: de -2000 (clairière supposée de Chambon) à aujourd'hui = 4 000 ans soit 40 siècles.  1 siècle représente le vécu d'une famille: ce sont vos parents, vous-même et vos enfants. Datons avec plus de précision: mon propre père est né à la fin du XIXème siècle (1898), il s'est éteint en 1960. Entre temps, j'étais né (1932), je suis encore en vie (2014) même si mon espérance de vie est désormais réduite. Le plus jeune de mes enfants est né en 1971, il peut espérer vivre une grande partie du XXIème siècle. Ce calcul est arbitraire car il faut tenir compte de la vie brève de nos ancêtres.  Quoi qu'il en soit, empiler 40 strates, c'est peu et nous parvenons à cet audacieux Cro Magnon qui, désireux de rompre avec le passé, a décidé de se sédentariser à Chambon! Autre mode de calcul cher aux généalogistes: si je prends ma propre échelle familiale, l'ancêtre le plus lointain, un tisserand de Saint Romain, vivait au XVème siècle, soit 13 générations. Reporter au premier Cromagnon, sédentarisé dans la clairière de Chambon, nous obtenons moins de 90 individus. Ce qui est peu.
 

       Il est évident que cette sédentarisation n'a pas été "instantanée", ni uniforme à l'échelle terrestre. On pense que c'est au Moyen-Orient, il y a 10 000 ans, que les communautés de chasseurs-cueilleurs se sont sédentarisées  et ont adopté une économie autarcique basée sur l'agriculture et l'élevage, bientôt enrichie par l'artisanat et un commerce de proximité. Cette sédentarisation s'est répandue lentement; il aura fallu 8 000 ans environ pour que cette sédentarisation atteigne notre région. Mais ce n'est qu'au XXème siècle que les dernières enclaves paléolithiques ont été résorbées, que certaines communautés de chasseurs, dans des régions éloignées des axes de communication, (comme l'Amazonie, la Malaisie), ont adopté une économie agricole et artisanale.       
 

      Chaque période est divisée en chapitres, eux-mêmes divisés en paragraphes qui soulignent une lente évolution: l'artisanat vers les manufactures, s'effaçant à leur tour devant une industrialisation soumise à une technologie  de plus en plus pointue; le commerce de proximité vers des échanges régionaux puis internationaux. Les différentes étapes de cette évolution se chevauchent, l'une se termine lentement avant de disparaître  pendant que l'autre est dans sa petite enfance et son adolescence (cf. la coexistence des Néanderthaliens et des Cro Magnon); celle-ci, devenue adulte, disparaîtra à son tour, supplantée par un nouveau palier évolutif. Ainsi, l' économie agricole secrètera une hiérarchie patriarcale, monarchique, de droit divin qui s'effacera peu à peu vers une gouvernance démocratique, à peine amorcée en ce début de XXIème siècle. Comme le mouvement lent des plaques tectoniques provoque des conflits dramatiques (volcanisme, tsunamis, séismes, etc.), les mutations économiques, culturelles, sont marquées par des ruptures brutales et des guerres dévastatrices.
 

       Ainsi, quel était le visage de la France en 1939 ? Essentiellement agricole. Chaque ferme abritait les grands-parents, les enfants, les petits-enfants, sous l'autorité du chef de famille. Le clocher avait conservé toute son importance: les sonneries  rythmaient le jour, mais aussi, même pour les non-croyants, les fêtes religieuses, (celle de la commune se confondait avec le "patron" de la paroisse), la cérémonie aux morts, drapeaux en tête et Marseillaise chantée par les écoliers, les processions (on ressortait la bannière en cas de calamité climatique); les fêtes  rythmaient également le calendrier familial: baptême, communion, mariage, enterrement. Le cimetière était le lieu du culte des ancêtres disparus et pour certains, inconnus. Chaque village abritait son administration: maire, curé, instituteur, notaire. A l'échelon national, le "Parti indépendant et paysan", le plus souvent représenté par un hobereau de village, était encore puissant. Chaque village possédait au moins un café (sinon plusieurs, chacun ayant sa clientèle attitrée: l'un - les "blancs" (la droite, l'autre - "les rouges", la gauche), lieu de rassemblement convivial. Chaque village abritait les artisans indispensables à la vie communautaire: boulanger, maréchal, parfois, bourrelier, tailleur d'habits ou (pour le moins) couturières. Quand le village en était dépourvu, la "camionnette" apportait dans les moindres écarts, à des jours et des heures programmés, toutes sortes de produits essentiels, du savon de Marseille au tablier de la ménagère. Cet héritage du néolithique a éclaté à partir des années 1950; c'était hier. Qui reconnaîtrait aujourd'hui le village de son enfance ?
 

          Certes, cette "révolution" n'a pas été spontanée, elle était latente, inscrite dans l'évolution de la société, provoquée par une série de progrès techniques, celui de la locomotion, par exemple. Pour découvrir la planète Terre,encore fallait-il avoir la possibilité de  se déplacer loin et vite, pour abréger les distances géographiques et temporelles. Or, pendant des millénaires, le cheval a été le seul "outil" de déplacement; à ce titre il a bien mérité le label "ami de l'Homme". Le rayon parcouru par un cheval est de l'ordre de 30 km, ce qui explique la distance entre les villes et les bourgs importants. Mais le dressage, l'entretien, le harnachement, l'emploi d'un personnel adapté étant onéreux, le cheval était demeuré le privilège des puissants;  de son côté, le cheval de trait était la propriété des paysans riches: les laboureurs.  Au XIXème siècle, l'arme d'élite dans les armées demeurait encore  la cavalerie. Certes, il y a toujours eu des curieux et des intrépides pour monter des expéditions et aller à la  découverte du monde:  comme Marco Polo au XIIIème siècle, ou les grands explorateurs de l'Afrique au XIXème siècle (Marchand, Livingstone), néanmoins,  cette découverte du monde échappait au commun des mortels: "cum pedibus jambis" était le seul mode de déplacement. A tel point que l'heure de marche demeura longtemps une mesure itinéraire: la lieue.  De longueur variable, 4 ou 5 km, selon les difficultés du terrain, celle lieue représentait la distance parcourue, à pied,  en une heure. Cette même lieue explique la distance séparant aujourd'hui les villages et les hameaux entre eux.
       Entre temps, les voies maritimes ont bénéficié des progrès de la navigation hauturière et ont connu leurs grands navigateurs: au XVème et XVIème siècles (Colomb, Magellan entre autres). Il fallut toutefois attendre la fin du XIXème pour que la bicyclette devienne compétitive et se démocratise.

 

          L'absence de moyens de communication rapides et lointains fait que nos ancêtres vivaient sur place. A l'époque gallo-romaine, qui a été la première grande période d'enracinement dans notre région, les vil[l]ains (paysans) restaient attachés à la "villa", le domaine du seigneur,"dominus", qui les employait. Plus tard, quand la condition de servage s'est améliorée, les vilains - dont la dénomination était devenue péjorative- sont devenus des manants ( du latin "manere", rester sur place). Dans les villes, l'aîné, dans une famille d'artisans, prenait la succession de son père et restait en conséquence, lui aussi, sur place.  Le cadet partait sur les routes à la recherche d'un "maître" qui lui offrirait un emploi. Il revenait rarement à son point de départ; de maître en maître il acquerait un certain savoir, et dans le meilleur des cas, passait lui-même sa maîtrise et devenait maître à son tour. S'opposant ainsi au manant, il était "marchant", et pour peu qu'ils transportât de la marchandise, était qualifié de marchand. La plus grande partie des enfants d'artisans, ne pouvant devenir eux-mêmes artisans, allaient rejoindre la cohorte des journaliers agricoles. Dans leur grande majorité, nos ancêtres demeuraient dans le village qui les avait vu naître ou, du moins,ne s'en éloignaient guère.
 

        Conséquence de cette sédentarisation, l'endogamie était la règle. Endogamie géographique donc: il est admis que les fiancés habitaient dans un rayon d'une lieue, de deux tout au plus. Cette endogamie était renforcée par le fait que les fiancés appartenaient au même milieu social et professionnel. Les nobles se mariaient entre eux, les bourgeois également. Chaque parti essayait d'améliorer sa propre condition sociale, les filles de riches laboureurs étaient de fait très courtisées, comme en témoigne cette vieille chanson du terroir, encore répandue au début du XXème siècle:

Ou l'est la fille du labouroux...
On dit qu'elle a tant d'amouroux
qu'elle ne sait lequel prendre
(et les amoureux de se faire valoir)
moi, j'ons du blé plein mon grenier
des sous plein ma chaussette....
moi, des vaches avec des boeufs,
mon père il est le maire.....

la conséquence était la consanguinité, malgré les freins imposés par la religion, et l'abâtardissement inexorable de certaines familles, principalement en milieu rural.
 

            Autres conséquences: la coexistence de milieux fermés provoque la cécité, la méconnaissance quasi totale des milieux exogènes. Ainsi, au XVIème siècle, sur la foi de navigateurs, les indiens de l'Amazonie étaient représentés sans tête avec un œil au milieu de la poitrine; Montaigne se déplacera à Rouen pour observer - en personne - le jeune indien capturé; Cortès, sur son lit de mort, pris de remords, se demandera si les Indiens massacrés n'étaient pas - tout comme lui - des hommes! Dans les manuels de géographie, au début du XXème siècle, les peuples étaient encore classés   selon la couleur de  peau: les blancs (supérieurs évidemment), les jaunes,  les bruns, les  rouges, et les  noirs! D'un côté l'homme civilisé, de l'autre l'homme sauvage, une vision "raciste"  qui a influencé de nombreuses générations. Voici comment un manuel daté de 1829 évoque les Terres polaires arctiques: "Ce sont le  Spitzberg, le Groënland et la Nouvelle Zemble. On ne sait si le Spitzberg est habité; on n'a encore rencontré que des ours et des glaces partout où l'on a abordé. Les Hollandois et les Anglois vont sur les côtes pour pêcher la baleine. Le Groënland est habité par des hommes petits, trapus et stupides." Près d'un siècle plus tard,  une géographie (cours supérieur, par une réunion de professeurs)  présente ainsi la population africaine:  "l'homme sauvage est un être dégénéré, faible et misérable. Il vit par familles isolées et se nourrit péniblement de fruits, de racines, du produit incertain de la chasse ou de la pêche quotidienne. La recherche de sa subsistance fait toute l'occupation de sa vie." L'homme nomade n'y est guère mieux traité. Ce manuel, qui est celui avec lequel ma mère a préparé le Certificat d'Etudes Primaires, date de 1908, c'est dire la proximité, c'est dire aussi la révision mentale que nos parents ont dû opérer.
            Cette "ignorance" de "l'Autre" provoquait (et provoque encore chez certains qui refusent l'ouverture) un sentiment de peur. Le communautarisme apparaît comme une menace d'engloutissement, de disparition. Et l'oecuménisme (qu'il soit religieux, politique, culturel) cache plus ou moins en soi un désir d'infiltration et de domination. L'animosité qui en résulte conduit à des conflits à l'intérieur même de la cellule de base: la famille:  les conflits successoraux, résultant du partage d'une famille initiale en branches multiples, en sont encore aujourd'hui un triste exemple. A  plus grande échelle,celle des les nations, le refus, la peur ou l'ambition se traduisent en guerres toujours, et de plus en plus, meurtrières.

 

              Oublions 1939. Projetons-nous 60 ans plus tard. C'est peu à l'échelle du temps.

     Que sont devenus nos paysans ? Ils ont... disparu ! Alors qu'ils représentaient environ 50 % de la population totale, ils représentent maintenant à peine plus de 1 %. Corollaire, en zone rurale, la destruction partielle des activités artisanales et commerciales et la quasi disparition des services et plus particulièrement (et dramatiquement), celle des médecins.
     En conséquence, les zones urbaines se sont considérablement développées. Prenons comme exemple le département d'Indre-et-Loire, à forte connotation historique (la Touraine), plaque tournante entre nord-sud (Europe du Nord > Espagne, Portugal, Maroc) et ouest-est (Atlantique > Suisse, Europe centrale). En 60 ans la population départementale a augmenté de 72%.( ± 60% à l'échelle nationale). La population du petit village rural de Betz-le-Château aurait dû passer de 1165 h. à ± 2000 h.(+72%), elle ne compte plus aujourd'hui que 582 h. soit une perte fictive de ± 70%.
     Parallèlement, la population de la ville de Tours (à laquelle nous ajoutons Saint-Symphorien et Sainte-Radegonde qui ont,depuis, été  à rattachés au chef-lieu) aurait dû passer de 92 550 h. à          ± 160 000 h., or elle n'en compte que 134 817.  L'adjonction des deux communes septentrionales n'a pas apporté à Tours, enserrée entre la Loire et le Cher, un espace suffisant. Tours possède à l'est et à l'ouest 2 quartiers intra muros (St.Pierre et la Riche intra); ces deux quartiers avaient bourgeonné à l'extérieur pour donner deux communes maraîchères, celle de St-Pierre héritant en plus des installations ferroviaires que les édiles de la ville avaient refusées au siècle précédent. Leur évolution respective a été de 40% et 10%, l'accroissement a donc été relativement faible pour les mêmes raisons que celle de la capitale: étroitesse des communes enserrées, comme la ville,  entre la Loire et le Cher, à laquelle il faut ajouter une implantation sur des zones inondables. Mais qu'en est-il des communes situées sur le coteau sud ?    Saint-Avertin ± 170% /  Chambray ± 520% /  Joué-lès-Tours ±350 %. Le coteau nord n'est pas en reste: Saint-Cyr ± 113% / Fondettes ± 157%, etc.
      La conclusion est manifeste: la population rurale a été absorbée par les communes suburbaines formant une nouvelle communauté d'agglomération: Tours Plus.

 

          Nous avons vu combien la bicyclette avait permis d'élargir le champ de connaissances des ruraux. Le train avait permis également une certaine évasion sensible à partir des accords de Matignon en  1936, octroyant 15 jours de congés payés. Mais c'est surtout après la guerre 1939-45 que  le train, l'automobile, l'avion ont pris un véritable essor et  pulvérisé les records. L'avion supersonique qui reliera Paris à Tokyo en 2h.30 est programmé pour 2050. 
         Non seulement les déplacements se sont trouvés facilités, mais la communication écrite et orale a considérablement favorisé les relations humaines: le livre, au XVIème siècle, entraînant une alphabétisation quasi générale à la fin du XIXème, le téléphone qui va se démocratiser à la fin de la 2nde guerre mondiale, la radio, le cinéma, la télévision et depuis quelques décennies l'internet, ont grandement contribué à faciliter le nivellement planétaire.  Aujourd'hui, la Terre ne recèle aucune zone d'ombre, aucun m² n'échappe à l'œil des caméras satellitaires.
      
  Parmi les conséquences majeures, citons le peuplement -  qui a perdu son caractère autochtone. Dans ma propre famille, outre une union franco-polonaise, sont venues s'adjoindre des conjointes espagnole, sicilienne, canadienne, hongroise. Depuis la perte des départements algériens, les unions franco-maghrébines sont de plus en plus  nombreuses. La France devient -comme tous les autres pays européens - un carrefour international, bouleversant les valeurs traditionnelles et faisant craindre à certains une déculturation mortifère.

 

          Nous n'avons pris, comme exemples, que quelques épiphénomènes. Le sujet est trop vaste pour envisager l'évolution des structures économiques (industrialisation et commerce), celle de la pensée politique, philosophique et religieuse, celle des conflits armés devenus mondiaux et, désormais révolutionnaires, donc latents. Toutes ces mutations se veulent égalitaires et respectueuses des libertés individuelles (charte de l'ONU) mais sont très loin de l'être.
       Combien de temps prendra cette mondialisation ? Etant donnée l'accélération exponentielle de l'évolution, telle que nous la constatons jour après jour, l'étape ne demandera pas des millénaires mais probablement des siècles.

 

           Quid de la quatrième étape ? Nous ne serons plus là, ni vous ni moi, pour en parler, mais il ne faut pas être grand prophète pour prédire que ce sera la "Cosmonisation".   

 

 

 

bibliographie:
Patrice Brun, Pascal Ruby, L'Âge du Fer en France, P.la Découverte, 2008.
Jean Guilaine, Caïn, Abel, Otzi, l'héritage néolithique,Gallimard,2011.
Michel Mourre, Dictionnaire encyclopédique d'histoire, Bordas, 1978 articles: paléolithique, néolithique.
Marcel Otte, Cro Magnon, Perrin, 2008.
Alain Rey, Dictionnaire culturel en langue française,le Robert, 2005. article: préhistoire.
Claude Rioland, Politiquement vôtre, Alice Lyner éd.2012.
 

Claude Rioland, juin 2011, revu 2014

 

 

 

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