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Aegyptopithecus, singe anthropoïde, ancêtre de l'Homme.

 

4.- Les origines de l'Homme

 vers 25 et 15 millions  d'années.... Les singes humanoïdes se distinguent par la capacité de se placer et de se déplacer sous les branches, en se suspendant grâce à de très longs bras et une articulation de l'épaule orientée vers le haut. La cage thoracique est étroite entre le sternum et la colonne, mais large d'un flanc à l'autre. Le bas du dos se raccourcit avec 4 ou 5 vertèbres lombaires, la queue se réduit à un petit coccyx. Ils n'hésitent pas à marcher debout, jambes fléchies.
Ils sont plus d'une centaine d'espèces connues et de toutes les tailles.
 
entre 19 et 17 millions  d'années....

 les Humanoïdes

L'Afrique continue sa poussée tectonique permettant l'émersion du Proche-Orient, alors recouvert par l'océan Téthys. Les humanoïdes en profitent pour franchir la mer Rouge et s'installer sur la frange  méridionale de la forêt de l'Atlantique à la mer de Chine.
Tous s'éteignent vers 6 millions d'années à la suite du quasi assèchement de la Méditerranée (conséquence de la fermeture du détroit de Gibraltar).
 
entre 17 et 6 millions d'années

 

Alors que les Humanoïdes s'éteignent, les Hominidés connaissent, en Afrique, un essor considérable: australopithèques, gorilles, chimpanzés, hommes. A partir de 7 millions d'années, ils sont en compétition avec les cercopithèques et sont peu à peu chassés de la forêt et doivent s'adapter à la savane.
 
entre 14 et 7 millions d'années

  

 

 

                          


 
les Hominidés

Cette période reste à explorer. On ne sait pas ce qui se passe en Afrique. C'est autour de cette époque que la lignée des futurs chimpanzés et celle des hommes se séparent. Depuis l'an 2000 de grands fossiles ont été découverts (Orrorin au Kenya, Toumaï, au Tchad, Ardipithecus, en Ethiopie). Ces superbes fossiles sont en cours d'études, ils présentent une grande diversité d'anatomies faciales et locomotrices. Tous marchaient debout et vivaient dans des milieux arborés, non pas dans les forêts tropicales, domaine des grands singes africains actuels, mais dans des forêts plus sèches et fragmentées.
Tous ces fossiles annoncent un bouquet de branches au sein de notre famille, les hominidés. Quoi qu'il en soit, même s'il reste à définir, le "chaînon manquant" n'existe plus.

Les Hominidés se caractérisent par une espérance de vie d'une cinquantaine d'années;
ils vivent en société avec plusieurs mâles adultes et des femelles venues d'autres communautés, ils pratiquent la copulation face à face;
ils se font la guerre, rient, pleurent, s'épouillent, sont doués d'empathie et de sympathie;
ils sont omnivores avec une préférence pour les fruits, les insectes et les feuilles tendres, avec une appétence pour la viande qu'ils partagent selon leurs affinités personnelles ou intentionnelles;
ils n'hésitent pas à marcher debout (surtout les bonobos)
 
entre 4 et 3 millions d'années

les Australopithèques

Les australopithèques déploient leur diversité sur la quasi totalité de l'Afrique. Parmi les témoins: Abel (Tchad), Little foot (Afrique australe), Lucy (Ethiopie), Australopithecus anamensis et Kenyanthropus (Kenya). Longtemps considérés comme les ancêtres de l'Homme, les Australopithèques se retrouvent désormais sur une branche cousine de l'Homo.
 


 
Lucy


   
          Kenyanthropus         


vers 3 millions d'années

 

 

 les 3 cycles de Milankovic


L'Amérique du Sud rejoint l'Amérique du Nord avec l'émersion de l'isthme de Panama. La rupture entre l'océan Pacifique et l'océan Atlantique entraîne des changements climatiques considérables (apparition du Gulf Stream - formation de la calotte glaciaire arctique). Début des âges glaciaires. Baisse de la pluviosité mondiale. Recul du couvert forestier. Le monde des australopithèques s'efface pour céder la place aux premiers hommes, désormais soumis aux variations climatiques définies par Milankovic.

Les études des sédiments marins et celles des carottes de glace, prélevées dans les glaciers de l'Arctique et de l'Antarctique, indiquent avec précision que les fluctuations sont fortement influencées depuis 400 000 ans par les cycles de Milankovic. Lesquels cycles décrivent les variations de la Terre autour du Soleil:
1er cycle: l'orbite terrestre a la forme d'une ellipse, d'où une distance plus ou moins proche du Soleil et une quantité de chaleur - reçue par la Terre - variable. Le rythme de ce cycle est d'environ 100 000 ans.
2ème cycle: l'axe d'inclinaison de la Terre (axe des pôles) varie selon une période de 21 000 ans. Plus cet axe est incliné, plus les saisons sont contrastées, et ce d'autant plus que la position se trouve éloignée de l'équateur.
3ème cycle: la Terre se comporte comme une toupie qui tourne autour de son axe et cet axe lui-même pivote. Selon ce cycle de 12 000 ans, c'est l'un ou l'autre des hémisphères qui reçoit plus ou moins de chaleur.

 

vers 2,6 et 1,8 millions d'années

 

 l'Homo habilis

début du paléolithique

 (âge de la pierre taillée)

fin de l'ère tertiaire, arrivée des âges glaciaires. Recul des milieux forestiers, expansion des savanes et des plantes graminées.
Jambes plus longues, genoux en extension, orteils réduits, marche debout plus assurée;
bras plus courts (vie moins arboricole);
la main est celle de l'homme d'aujourd'hui: doigts plus courts, phalanges plus robustes, extrémités élargies;
cerveau plus gros - asymétrie, entre les deux hémisphères, associée à la dextérité et au langage.
Prédateurs plus que chasseurs, ils se nourrissent (entre autres) de racines souterraines qu'ils déterrent avec des bâtons à fouir.
Leur présence est accompagnée d'outils de pierre taillée.

Les populations d'homo erectus évoluent vers l'homme de Néanderthal; ailleurs, elles gagnent les îles de la Sonde, comme à Java, et deviennent l'homme de Solo, d'autres gagnent en radeaux l'île de Florès, l'homme de Florès, quant à l' homo sapiens (nous) il occupait l'Afrique et le Proche-Orient
.
Il y a 40 000 ans... Quatre espèces d'Hommes habitaient la Terre.
 
              ...aujourd'hui Il ne reste plus des hominidés que: 
                                  2 espèces de gorilles
                                  2 espèces de chimpanzés (dont les bonobos)
                                  1 espèce d'homme, (le sapiens).

  

   En quelques lignes, nous venons de faire un saut dans le temps, un temps qui se mesure en milliards d'années, un temps objectif, mathématique, puisqu'il peut être mesuré  - mais un temps subjectif impossible à imaginer. Ainsi, savons-nous que notre univers est très jeune, il n'a que... 13,7 milliards d'années, et qu'il n'est pas éternel.

   Nous savons également que l'Univers n'est pas infini, qu'il est objectivement, mathématiquement mesurable. Nous savons qu'il est né, qu'il a une vie;  il est actuellement dans sa jeunesse, il aura une maturité et une mort. Quid de notre planète Terre ? Un grain de poussière dans notre système solaire, lui-même grain de poussière dans notre galaxie, elle-même grain de poussière dans le cosmos. Comme le temps, l'espace échappe à notre imagination.
 Dans ces immensités spatiales et temporelles, quid de l'homo ?

   Nous ne pouvons pas éviter les questions existentielles: unde ? qui ? quo? qua ? que se pose l'homo depuis qu'il est homo.  D'où venons-nous? qui sommes nous ? où allons-nous ? par quel cheminement ? Nous appartenons, frêle brindille, à l'arbre du vivant. Cette brindille n'est pas apparue ex-nihilo, créée par quelque démiurge, nous sommes le fruit d'une longue évolution dont nous avons franchi toutes les étapes, à l'instar de milliards d'autres espèces qui ont pris des voies évolutives différentes. Car toutes les branches, même si certaines s'éteignent en cours de route, continuent à évoluer conférant à la Nature une extrême diversité. Contrairement à ce que d'aucuns pensent, nous ne descendons pas du chimpanzé. Nous descendons d'un ancêtre commun qui, à un moment donné, a divergé : d'un côté les paninés, de l'autre les homos; la différence est minime: les premiers ont 48 chromosomes, les seconds 46. Deux chromosomes les différencient. Les premiers vont continuer à diverger et donner plusieurs branchettes dont ne demeurent que 2 brindilles: le chimpanzé et le bonobo, qui de fait sont nos cousins et non pas nos ancêtres. Parallèlement les homos vont diverger et donner une quinzaine d'espèces dont il ne reste plus qu'une seule: le sapiens, (vous et moi). 

   Aujourd'hui, qui est ce "nous" ? C'est tout d'abord un être vivant,  un être capable de s'adapter à son environnement et aux modifications de cet environnement, en d'autres termes capable d'évoluer. Mais en quoi l'homo diffère-t-il des autres espèces, et plus particulièrement de celles qui nous sont les plus proches: les grands singes ? La bipédie, l'outil, la vie en société, le partage de la nourriture, la chasse, etc., tous ces critères sont aujourd'hui obsolètes car nous partageons ces propriétés avec un grand nombre d'animaux. Le langage ? Les animaux correspondent entre eux et communiquent entre eux. Toutefois, interne au langage, c'est la parole articulée qui semble être le critère essentiel de la différenciation : une combinaison de phonèmes permettant la création quasi infinie de mots  porteurs de sens. Si, au début, ces mots diffèrent peu des onomatopées animales et peuvent indiquer une présence, [je suis ici],( à l'instar du fameux cri de Tarzan dans la jungle), un danger,[serpent] (le cri grave et sonore du colvert, veillant sur le groupe, lorsque je m'approche de l'étang), la souffrance (le bêlement plaintif et long de la brebis à qui l'on vient d'arracher son petit), l'angoisse (le cri aigu et puissant du porc que l'on va égorger)  etc., ces mots en se combinant peu à peu en phrases simples puis complexes vont permettre d'énoncer une action précise, une pensée, un récit: [il était une fois...]. Les mots vont permettre de passer de l'expression concrète à l'expression abstraite, et la pensée elle-même va, peu à peu, au rythme  d'une expression enrichie, s'enrichir elle-même et se répandre au gré des contacts humains. L'écriture viendra enrichir et compléter l'oralité (verba volant, scripta manent). C'est ce champ du possible, d'un possible infini de la communication, qui marque la césure de l'homo des autres espèces animales.

   Ce possible s'inscrit lui-même dans un champ évolutif. (Nous refusons le terme trajectoire qui induirait une direction précise et prédéfinie, une prédestination soumise à quelque force démiurgique; un champ induit une infinitude de possibles, soumis au hasard, à la nécessité, à la volonté individuelle ou collective). l'homo est donc différent de ce qu'il était hier,  différent de ce qu'il sera demain. (Bien que légères à l'échelle d'une vie, ces différences sont perceptibles aujourd'hui:  différences morphologiques - la taille par exemple,  différences comportementales - l'écologie, la mondialisation ). Comment pourrait-on imaginer que cet homo soit "fini", que son évolution soit achevée ? Si nous considérons le buisson phylogénétique, (cf.paléo) est-il si irrationnel de penser que l'évolution de l'homo va se poursuivre ? Une branche, sapiens sapiens, perdurera  et finira par s'éteindre comme s'est éteint Néanderthal, par manque d'adaptation;  une autre branche, que nous appelons - scientificus - s'inscrira naturellement dans le processus évolutif.

    Dépassant le stade mondialisation du genre sapiens sapiens, le scientificus aura une vocation cosmique. Les auteurs de science-fiction sont souvent des prophètes (cf. Jules Verne),  toutefois, ce ne sont pas les petits hommes verts de Mars qui envahiront la Terre mais les Terriens qui envahiront les  exoplanètes. Et il sera peut-être temps car la dérive des continents, entre autres,  aura provoqué de tels cataclysmes que la Terre sera à la veille d'une nième extinction des espèces encore vivantes. Scientificus n'est pas si éloigné,  Barnard et sa greffe sont déjà bien loin, des savants viennent de créer des globules rouges qui à leur tour ont sauvé un patient, les éprouvettes s'agitent dans les labos, la femme cessera d'être un moule, la condition féminine sera rejetée au rang des "contes et légendes du temps passé", certaines fonctions seront peut-être affaiblies alors que d'autres forces, psychiques en particulier, se seront considérablement développées, etc.

   Et que penser du rythme évolutif ? Certains astrophysiciens pensent que le Soleil est à la moitié de sa vie, (il aurait déjà brûlé la moitié de son hydrogène), et  - en conséquence - pensent-ils,  la Terre aurait encore de beaux jours devant elle, soit: 5 milliards d'années. Et si c'était l'inverse ? L'expansion des galaxies dans le cosmos serait de plus en plus rapide, disent les astrophysiciens, pourquoi n'y aurait-il pas une relation entre cette expansion et l'évolution ? [aujourd'hui, nous apprenons précisément que la théorie d'Einstein risque d'être remise en question: les neutrinos (particules élémentaires) se déplaceraient à une vitesse supérieure à la lumière]. Si nous considérons l'évolution de la matière vivante, il aura fallu attendre 9 milliards d'années pour que les bactéries apparaissent, il aura fallu 2 milliards pour que naissent les cellules à noyau, 1 milliard et 300 millions d'années pour les organismes pluricellulaires, l'évolution s'accélère rapidement: 600 millions d'années, pikaïa  -  550 millions d'années, émersion des plantes et des arthropodes  -  360, les reptiles et les oiseaux -  230, les dinosaures; et ainsi de suite, 25 millions d'années: les premiers humanoïdes.... L'Histoire met en lumière l'accélération des mœurs qui accompagne celle des connaissances et, par application, celle des techniques. L'homo scientificus est peut-être plus près de nous que certains ne le pensent.

  Tout en conservant l'idée que l'homme, infime brindille dans l'arbre phylogénétique,  est un mammifère omnivore, comme le ressasse avec gourmandise, Philippe Meyer, dans son émission radiophonique hebdomadaire, que l'homme, poussière d'étoiles est apparemment appelé  à disparaître avec l'implosion du système solaire, notre imagination vacille à l'évocation du champ des possibles que nous avons précédemment évoqué . Voici que l'homo scientificus apparaît comme étant de moins en moins soumis à l'incertitude de l'évolution;  il serait, comme le suggère Hubert Reeves, en voie d'auto-évolution, il serait créateur d'évolution: il agit sur le temps (ex: espérance de vie) il agit sur son espace environnemental, , il tend peu à peu à programmer rationnellement sa propre évolution (en bien ou en mal, c'est un autre problème, un problème d'éthique). Et dans ce processus il faudrait introduire la machine que le philosophe Simondon plaçait entre l'homme et l'animal.

  Alors, l'homme? démiurge ? fils de Dieu - et le verbe s'est fait chair (ou l'inverse) - pour peu que l'Alpha, Pan et Dieu ne fassent qu'un ? C'est là toute une histoire à écrire, celle des systèmes cosmogoniques, qu'ils soient philosophiques ou religieux. Une autre histoire, pour une autre recherche.

Claude Rioland
septembre 2011

Ces modestes conclusions sont susceptibles, à tout moment, de modifications. Tous ceux qui voudront joindre leur avis, leurs réflexions seront les bienvenus.
 

bibliographie:

Reeves, de Rosnay, Coppens, Simonnet, La Plus belle histoire du Monde,
P.le Seuil.1996
Pascal Picq, Michel Serres, Jean-Didier Vincent, Qu'est-ce que l'humain ?
Le Pommier, 2003.

Pascal Picq, Nouvelle histoire de l'Homme,
P. Perrin, 2005
Pascal Picq, Le Monde a-t-il été créé en 7 jours ?
P. Perrin, 2009

5.- Suppléments

Deux ouvrages récents viennent enrichir cette réflexion sur l'évolution :
 

Pascal Picq, Philippe Brenot, Le Sexe, l'Homme & l'Evolution, P.Odile Jacob.2009
Christian de Duve, prix Nobel de médecine, De Jésus à Jésus en passant par Darwin, P.Odile Jacob, 2011
 

L'ouvrage sur la sexologie  présente des observations fort intéressantes sur la vie sexuelle des animaux principalement de nos grands cousins primates, qui ont la particularité d'être des vertébrés, des mammifères et anoures (c.-à-d.: dépourvus de queue). Toutefois pour différencier l'humain du simiesque, nous nous heurtons à un problème double:
 

notes de lecture

sexualité : sert-elle à la reproduction comme on a coutume de le dire ? Non, car la reproduction est synonyme de photocopie (de clonage), alors que la reproduction sexuée à pour cause ultime de produire de la différence (tout en la contrôlant et la réparant le cas échéant). La sexualité = reproduction (duplication) + évolution. L'évolution tient à des erreurs de duplication qui donnent des molécules différentes, d'où au niveau moléculaire: compétition > sélection > évolution. Ces "erreurs" proviennent généralement de virus qui s'insinuent dans le mécanisme de reproduction. [Notons que la sexualité peut exister à 3 sexes et même plus, notamment chez des plantes (cf. le thym, le trèfle) mais ce n'est jamais le cas chez les animaux]