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généalogie de

 

Richard   Darnault

 

                                                           

 

      Comme Bertrand, Guillaume, Roland et bien d'autres, ARNAUD est un nom de baptême qui était très répandu chez nos ancêtres les Francs. Il représentait à peu près un aigle fort et puissant capable de gouverner le monde. Cette image est demeurée tenace puisque c'est ainsi que fut désigné le fils de Napoléon : l'Aiglon ! Au cours des premiers siècles de notre Moyen Age, les noms de baptême n'étaient pas héréditaires. S'appeler Arnaud ne voulait pas dire que son père s'appelait Arnaud et que son fils s'appellerait un jour Arnaud!     Les Arnaud n'avaient aucun lien de parenté entre eux.

          A partir du XIème siècle, ou du XIIè selon les régions et la condition sociale des individus,  les scribes prirent l'habitude d'ajouter au nom de baptême un second élément pour éviter les confusions. C'est ainsi qu'un jour un notaire dut écrire en latin une phrase comme celle-ci:
                                  " Petrus Arnoldi filius recognovit ......"
ce qui peut se traduire par : " Pierre, fils d'Arnaud, reconnut que... etc" et c'est ainsi que certains Arnaud devinrent des d'Arnaud > Darnaud. Au nord du royaume, là où la langue d'oïl s'imposait, les scribes prirent l'habitude de conserver la terminaison germanique [-lt], alors que dans le sud, la langue d'oc étant plus proche du latin, c'est le [-d] qui prévalut, cependant il y eut de nombreuses exceptions. Mais le plus important c'est qu'à partir de cette époque mes ancêtres portaient deux noms: un prénom qui changeait à chaque naissance et un patronyme qui devenait héréditaire.
             Le problème est de savoir  et quand a vécu mon ancêtre le plus lointain, celui que les généalogistes appellent : l'ancêtre éponyme.

     Les recherches actuelles apportent un indice intéressant: au début du XVème siècle, trois frères, Guillaume, Laurent et Jean vivaient à Rouvres, ils cultivaient  au Rain du Bois une tenure qui dépendait du prieuré Sainte Miroflète!  Avec les femmes, les enfants, les journaliers qui venaient les aider cela faisait du monde, peut-être une trentaine de personnes, peut-être plus, il est même probable qu'ils s'étaient organisés en parsonnerie. Leur père, Jean Darnault,  n'était plus de ce monde, il était d'un autre siècle... le XIVè. Il avait dû naître dans les années 1370 ou environ. 
               A quelques lieues de là, à Chabris précisément, vivait un autre Darnault, Guillaume; il était vigneron et, malheureusement (du moins à ce jour), nous ne savons rien d'autre de lui. Guillaume était-il un neveu, un cousin de Jean? Ce n'est pas certain, peut-être que les recherches en cours apporteront une réponse, mais ce ne serait pas impossible.

                  En effet, admettons que l'ancêtre éponyme ait été ainsi dénommé au début du XIIème siècle et qu'il ait deux fils et que chacun de ces deux fils ait eu également deux fils, à la fin du siècle on aurait eu 4 branches; si l'on compte trois générations par siècle,  c'est alors, au XIIIème siècle, autour de la souche défunte depuis bien longtemps, 8, puis 16, puis 32 rejetons ! Evidemment ces calculs sont faux, le généalogie se moque des mathématiques, mais... on peut toutefois affirmer qu'au XIVème siècle les Darnault s'étaient largement répandus autour de la souche-père.

                 Oui, mais... problème ! Où situer la souche-père ? Là encore, les travaux présentés par les différents correspondants sur ce site apportent un début de réponse.

 

      Il a été dit et répété qu'au Moyen Age les gens voyageaient beaucoup. C'est vrai et faux à la fois. C'est vrai pour certaines catégories: les gentilshommes, pour faits de guerre, les gens d'Eglise et les pèlerins, les compagnons pour raisons compagnonniques, les négociants bien sûr... que l'on appelait, et pour cause, "marchands"... mais,  pas les paysans! On les a d'abord dénommés "vilains" car ils étaient "attachés" à une villa, c'est-à-dire à une exploitation agricole, puis on les a désignés comme étant des "manants" (du verbe latin manere qui signifie, demeurer, rester), car ils étaient "attachés" à une tenure. Bien sûr, au XIVème siècle, leur statut social avait évolué mais pas depuis si longtemps. Et comme ils se déplaçaient ... à pied et que le premier souci de tout jeune homme était de trouver la compagne mignonne et vaillante à la fois qui allait lui donner des enfants, quand ledit jeune homme ne trouvait pas la promise dans le voisinage immédiat, il allait là où ses sabots pouvaient le porter... dans la paroisse voisine. Et c'est ainsi que mes ancêtres Darnault ont dû se répandre petit à petit, d'une paroisse à l'autre sans aller bien loin,  et pas forcément n'importe où !

         En effet ...

... à l'époque de la féodalité les découpages administratifs étaient fluctuants, ils dépendaient des seigneurs dominants. Après les luttes sanglantes qui opposèrent à l'ouest, les comtes d'Anjou, les Plantagenets futurs roisd'Angleterre, et à l'est,  les rois de France, les comtes de Blois avaient fini par seigneur interposé, leur vassal comte de Saint-Aignan, par dominer toute une bande de terres intermédiaire qui, remontant le Nahon, s'étendait de Chabris jusqu'aux abords de Châteauroux, dont une rue porte encore le nom de rue de Blois ! Si bien qu'au XVIème siècle, quand François 1er eut imposé de rédiger les coutumes des provinces (qui se transmettaient encore oralement), les habitants de Chabris, Valençay, Buxeuil, Vatan, Levroux,etc. se récrièrent, affirmant qu'ils n'étaient pas berrichons et qu'ils tenaient à conserver leurs propres coutumes! Evidemment, dès le XIVème, quand les structures féodales vont s'écrouler, la circulation des "manants" sera beaucoup plus libre. On remarque toutefois que les premiers déplacements se firent surtout sur cet axe sud-nord, du plateau vers la vallée du Cher et que les infiltrations vers l'est et le sud furent peu nombreuses.
          Et c'est pour toutes ces raisons que nous pensons - en nous gardant bien de l'affirmer - que notre éponyme de père est né quelque part entre Levroux et Chabris et que Guillaume, notre vigneron, et Jean, notre laboureur, devaient appartenir à la même fratrie.
         Malheureusement,  il nous faudra attendre près de deux siècles avant de .....                                                                                                   

à suivre