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les Rioland…  quelles que soient la graphie et l’origine géographique
un patronyme   
… une généalogie   
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en histoire:
en généalogie : tableau synoptique du cousinage de Claude Rioland
une nouvelle branche en construction: les Guestault
Les recherches actuelles sur Vicq-sur-Nahon  au XVIIème siècle pourraient peut-être éclairer d’un jour nouveau  l’origine sémantique des Rioland.
Je rappelle pour ceux qui n’auraient pas lu mon article, les différentes interprétations à ce jour:
–  l’affirmation  de Marie-Thérèse Morlet  dans son « Dictionnaire étymologique des noms » : Rioland, adjectif verbal de rioler: se divertir, se livrer au plaisir, à la débauche, synonyme de ribaud.
Je dénonce cette interprétation, car le verbe rioler, s’il existe bien et dans ce sens donné, viendrait du verbe latin gaudeo, infinitif gaudere qui a donné gaudriole. (Dans la forme médiévale: gauder (se réjouir) gaudete (qui aime la joie) gaudir (se rejouir) etc.) Or ce verbe n’est réellement attesté qu’à la fin du Moyen Âge, alors que l’éponyme était né depuis fort longtemps. Il semblerait que Madame Morlet n’ait eu connaissance que des Rioland de Normandie, arrivés fort tard en cette province, et qu’elle ait ignoré l’immense vivier du Bas-Berry.
Pour ma part je suggère que le verbe rioler vient du latin régula, la règle, le trait droit (qui pourrait définir les fils d’une trame de tisserand ou de la décoration des cierges. Le participe passé est présent en littérature au XVIème siècle associé au participe passé piolé qui suggère des points, points et traits se complétant. Au XVIème siècle, ces deux verbes étaient employés poétiquement, à dessein, par leur résonance archaïque. Et c’est parce que ce rioler était tombé en désuétude, qu’il avait perdu le sens de trait qu’il fut  renforcé par l’idée de  barre, d’où : barre + rioler = barioler.   Rioler aurait donc donné barioler et non pas gaudriole.
                 Consulté, l’éminent linguiste de Généanet , (Salut Jean ! Je suis toujours là, aussi teigneux mais bien présent et tout aussi respectueux ! Lis bien la suite, tu vas peut-être te réjouir ! Et j’attends de toi un commentaire !) ne prend pas position, il énonce la thèse M.Thérèse Morlet (honneur aux universitaires) mais sans expliciter  mon interprétation, Jean Totsi reconnait qu’il pourrait y en avoir d’autres. Et il ajoute que Rioland pourrait être un avatar de Roland !
Or, j’en viens aux faits. En dépouillant les 7 plus anciennes années des registres paroissiaux de Vicq-sur-Nahon, (1653-1660) je trouve un essaim de Rioland, du jamais vu depuis que je dépouille les registres: 13 couples de Rioland, 8 par les hommes, 5 par les femmes, auxquels il faudrait ajouter 2 parrains (adultes) non dénombrés dans les couples. Comment imaginer un petit village avec autant de foyers Rioland, en même temps ?
Je pense à l’une des nombreuses parsonneries qui fleurissaient dans cette région, bien qu’au XVIIème siècle, par décision de justice, elles étaient en voie de disparition. Je vais  donc consulter  le cadastre et je trouve une Rolandière ! Une Rolandière à une portée d’arquebuse de la Riolanderie que j’ai largement mentionnée dans mon livre sur Poulaines. Or, linguistiquement, la Rolandière (XVème siècle) a précédé La Riolanderie (XVIème siècle), et sa présence est toujours attestée: Claudine et Pascal Costes, y tiennent aujourd’hui chambres d’hôtes. Toutefois, je n’ai pas rencontré (pour le moment, mais je vais poursuivre le dépouillement) un seul Roland. Comme toujours, Geneanet vole à mon secours et atteste qu’une Marie Rolland, fille de François Rolland et de Marie Dubois, a épousé en 1736 un certain Antoine Pichet; c’est bien peu alors que la même interrogation accuse 205 fichiers Rioland, toujours et uniquement à Vicq-sur-Nahon ! Cette absence dans la longue durée n’infirme pas la présence des Roland à la Rolandière, du moins à une époque qui a précédé les registres paroissiaux et l’hypothèse de Jean Totsi  selon laquelle les Roland se seraient métamorphosés en Rioland non seulement serait plausible mais se trouverait renforcée …..
………sauf que je maintiens que cette mutation est impossible linguistiquement.

Je comprendrais très bien l’évolution inverse, la perte d’une lettre (syncope) pour deux raisons: phonétique et scripturale.
Selon que l’on diphtongue [rio] (synérése), l’accent se trouve sur le [o] riol-land, le [i] devient si ténu qu’il disparaît et le [l] se trouve doublé. Et de fait Rioland devient Rolland. Inversement, si [rio] est décomposé en 2 phonèmes (diérèse) l’accent est sur le [i] avec 2 prononciations différentes: ri-o-land (prononciation moderne articulée) ou ri-ol-land (à mi-chemin entre la prononciation moderne et l’archaïsme patoisant).
Même affaissement du [i] à l’écrit, le caractère est si petit qu’il se confond, le plus souvent, avec la lettre précédente. Le rédacteur aura bien écrit rioland, mais le déchiffreur lira roland.   Certains scripteurs, soucieux d’orthographie (en particulier à Valençay à la fin du XVIème siècle) n’hésitaient pas à remplacer le [i]par un [y] nettement plus visible que la patte de mouche le plus souvent non pointée.
En conclusion, je comprendrais bien le passage d’un Rioland en Roland, mais je n’ai jamais vu l’inverse; je ne sais même pas s’il existe, en linguistique,  un  antonyme à « syncope« , très simplement je dirais: un ajout. Certes, on peut ajouter des syllabes, à valeur de préfixe ou de suffixe comme dans  barrioler > barioler, mais pas une lettre seule.
Quoi qu’il en soit, je rejoins la sagesse de Jean Tosti, je suggère et me garde bien de conclure.
     Je ne suis pas assez érudit pour transformer mon intuition en preuves irréfutables. Il me faudrait trouver des textes où apparaîtrait le verbe « rioler », saisi dans sa majorité, c’est à dire au 11ème et 12ème siècles, remontant plus haut  que le dictionnaire Godefroy.
« A l’aide »….! » Qui entendra mon appel ?   Quel médiéviste viendra à mon secours ?
……………..
Vicq n’en finit pas d’apporter son lot de surprises. Cet article était à peine terminé quand j’interrogeai l’Histoire.  Vicq a t-elle laissé des traces, sur lesquelles je pourrais décrypter quelque renseignement précieux ? Je fus récompensé ! L’histoire de Valençay du P.Raoul m’apprend que « le 6 septembre 1564, Adrien de Douhault prieur comparaît par Jean Caillault son procureur devant Simon Riolle, conseiller du Roi, lieutenant général et civil et criminel au baillage de Blois » ! Je saute pour interroger mon fidèle Généanet qui accorde à Riolle/Riole…. 5 780 occurrences ! Pourquoi n’y ai-je pas pensé plus tôt ? Certes, cette découverte ne nous fait pas avancer  quant au signifié, qui demeure tout autant contestable et contesté, mais elle détruit l’hypothèse d’un glissement Roland > Rioland.
L’étymon / Riol-/ du verbe /rioler/ est fortement attesté et incontestable. Il a pu être substantivé au féminin (riolle), conjugué au participe passé (riolé), au participe présent (riolant), ou adjectivé (rioland), d’où la forme féminine de l’adjectif verbal « riolande » à Valençay, à Poulaines au XVIème siècle et à Vicq au XVIIème s.

Quant au signifié, il continue à fuir. Je pense toutefois que si Madame Morlet avait eu en sa possession le corpus étendu que nous possédons maintenant, son analyse aurait été autre. Lors de la sortie du dictionnaire, les éminents professeurs, animateurs de la société d’Onomastique, avaient décelé 10% de fautes. Cette proportion est faible et elle est à l’honneur de Mme Morlet. Le dictionnaire recense 120 000 patronymes, si l’on élimine les dérivés , ne prenant en compte  que les entrées , 40 000,  le dictionnaire accuserait 4 000 erreurs et pourquoi ne pourrait-on pas reconnaître que la définition proposée du patronyme Rioland, est l’une de ces erreurs ?